UNE CONVERSATION AVEC KEN WAPNICK: EN FAIRE LA CHOSE LA PLUS IMPORTANTE!

23 mars 2013 par Susan Dugan

Je me suis rŽcemment assise de nouveau pour interviewer Ken Wapnick alors que jÕassistais ˆ une classe acadŽmique d'une semaine ˆ la Fondation pour un Cours en Miracles (FACIM) ˆ Temecula, en Californie, o Ken a soulignŽ plus clairement que jamais l'importance d'examiner l'histoire de culpabilitŽ de l'ego venant de la sŽparation, qui est rŽalisŽe ˆ travers les yeux de la partie de notre esprit qui sait que rien ne s'est produit. Il nous a aussi invitŽs ˆ demander ˆ ce Ma”tre intŽrieur de pardon de nous montrer la faon dont il regarde tout le monde et tout, ce qui doit tre notre prioritŽ, si nous voulons vraiment faire l'expŽrience de la paix durable et non celle de ce monde.

Tandis que jՎtais lˆ, j'ai Žgalement eu le plaisir d'interviewer Gloria Wapnick, la femme de Ken et cofondatrice de la Fondation, une premire en ce que j'espre s'avŽrera une sŽrie d'entretiens avec elle. Malheureusement, j'avais un nouvel enregistreur et jÕai dž appuyer sur le mauvais bouton parce que la conversation n'a pas ŽtŽ enregistrŽe. Bien que Gloria m'ait gentiment invitŽe ˆ lui tŽlŽphoner pour prŽciser les dŽtails manquants de mes notes (ce que j'envisage faire), l'incident m'a offert une nouvelle occasion de se pencher sur l'auto-jugement qui se pose lors de cet apparent voyage de retour, lorsque nous commenons ˆ retirer nos projections extŽrieures — dans notre inconscient apeurŽ – et les retournons sur nous-mme.

Eh bien, ce n'est pas o j'avais prŽvu de commencer cet entretien, mais c'est lˆ o je suis, donc voilˆ. Je combats une grippe rŽsistante. La dernire fois que je suis venue ici pour une classe acadŽmique en aožt, tout ce que vous disiez paraissait si facile ˆ absorber et je me sentais totalement appuyŽe et en synchronisation avec ce centre calme ˆ l'intŽrieur. Mais en ce moment, il s'agit dÕune expŽrience assez opposŽe. J'ai eu beaucoup des hauts et des bas Žmotionnellement, faisant vraiment volte-face entre l'esprit juste et lÕesprit faux. Lorsque je n'ai pas rŽussi ˆ obtenir l'enregistrement de mon interview avec Gloria, j'ai entendu cette voix me reprochant que ce n'est pas acceptable, que je ne suis pas correcte. Ce n'est pas convenable de faire quelque chose d'aussi stupide, de si peu professionnel. C'Žtait l'ego qui me bl‰mait, ce qui n'est pas rare, mais il avait vraiment toute mon attention. En rgle gŽnŽrale, cÕest ce qui sÕest passŽ ces derniers temps. Depuis que je suis venue ici l'ŽtŽ dernier, j'ai vŽcu une vŽritable guŽrison ˆ long terme dÕune relation particulire difficile, mais il y a eu aussi beaucoup plus de cette haine de soi.

Eh bien, en fait c'est une bonne chose. Le manque de pardon le cache, donc quand vous pouvez tre plus indulgente et guŽrir votre relation particulire, le non-pardon qui reste ne fait que remonter ˆ la surface.

Oui. Eh bien, je sais que vous dites qu'en regardant l'ego sans jugement de soi, cÕest regarder avec JŽsus ou le Saint-Esprit, mais il semble y avoir un dŽcalage dans le temps pour moi entre le faire et l'expŽrience du confort de cette perception guŽrie. Parfois je me sens comme si je manquais une Žtape. Je n'arrive pas ˆ accŽder ˆ la partie dÕabandon du jugement de soi.

OK. Mais, vous le ferez. Je pense que tout ce qui remonte est rŽellement formidable. Pour le rŽpŽter, le manque de pardon que vous Žprouviez pendant une longue pŽriode dans cette relation particulire a vraiment masquŽ la culpabilitŽ. Et ainsi, comme vous avez commencŽ ˆ l‰cher vos attaques, ˆ pardonner plus, et permettre la guŽrison de votre relation, alors ce qu'elle protŽgeait fait dŽsormais surface, ce qui ˆ long terme est en fait trs, trs positif. Ce nÕest pas un trs bon sentiment. Mais vous devez alors rŽaliser que vous n'tes pas seulement dŽpendante ˆ tre en colre contre cette personne, vous tes aussi dŽpendante ˆ tre en colre contre vous-mme, avec l'idŽe que vous tes la maison du mal, des tŽnbres et du pŽchŽ.

Et cÕest ce qui conserve l'idŽe de moi, bien que misŽrable?

Oui, absolument. Donc, il n'y a rien que vous devriez faire, chre, sauf seulement tre patiente. Et vous voulez faire confiance dans le processus, avoir la conviction que ce qui vous a emmenŽe aussi loin va se poursuivre.

Et c'est comme dans cette description du pardon dans le Livre dÕExercices dans lequel il dit que le pardon Į regarde simplement, attend et ne juge pas. Č C'est cette partie qui attend?

Oui.

Je pense quÕune question semblable a ŽtŽ soulevŽe pour moi ici tout en vous Žcoutant, que ce que nous faisons vraiment quand nous retenons le pardon, cÕest de pousser l'amour de Dieu au loin, l'amour de JŽsus au loin. J'ai beaucoup de dialogue interne qui se tient durant toute ma journŽe avec JŽsus, mme si je comprends et crois qu'il n'est pas vraiment un corps, du moins plus que je comprends et crois que je ne suis pas un corps. Mais je trouve utile cette image de lui qui nous apporte tout, mme s'il n'a pas vraiment quelque chose de nouveau ˆ dire. Mais depuis mon arrivŽe ici, je ne me souviens mme plus dÕavoir vŽrifiŽ avec lui, comme je le fais habituellement tout au long de la journŽe, pour lui demander de m'aider ˆ regarder tout le monde et tout de son point de vue.

Et puis, je me suis rŽveillŽe au milieu de la nuit aprs ce qui s'est passŽ avec Gloria et au lieu de vŽrifier ˆ nouveau avec lui comme je le fais habituellement et qui m'aide souvent ˆ me rendormir et mme Žprouver des rves qui guŽrissent vraiment, mais cette fois j'ai eu un sentiment quÕil Žtait assis dans un coin de la pice. Et j'ai pensŽ, que fais-tu ici? Je ne tÕai pas invitŽ. J'ai ŽtŽ vraiment bouleversŽe. Et puis je dois mՐtre rendormie et j'ai eu ce rve o je voyais le visage de JŽsus partout o je regardais. Ë chaque coin et sur chaque porte, sur le corps de chaque personne qui passait dans la rue. J'ai mme ouvert le rŽfrigŽrateur et il y avait une miniature de JŽsus, levant les yeux vers moi parmi des cartons de nourriture. Et j'ai ŽtŽ terrifiŽe, et me suis mise ˆ courir et ˆ crier. Et j'ai rŽalisŽ que si je ne veux pas le voir en toute chose, cÕest peut-tre parce que je ne veux pas le voir du tout.

Eh bien, une partie de vous l'aime beaucoup. Mais la partie de vous qui veut l'exclure est la partie qui dit: ne mÕenlve pas ma vie ! NÕapporte pas Susan loin de moi. Je suis peut-tre misŽrable Žtant Susan, mais au moins je suis Susan, et a me pla”t. Donc ce que vous voulez faire est de ne pas plaisanter avec a. Ne luttez pas contre vous-mme, ne vous sentez pas coupable de vouloir le repousser, voyez simplement que c'est ce que vous faites et reconnaissez que vous n'tes tout simplement pas encore rendu lˆ. C'est tout ce que vous devez faire. Tout simplement relaxer.

Simplement m'asseoir dessus? C'est ce que j'ai essayŽ de faire. Simplement tre en accord, quÕil en soit ainsi.

Oui, asseyez-vous dessus. Cela ne durera pas, ma chre.

Oui, mais vous parlez de la version du temps du Saint-Esprit, ou notre version?

Notre version.

Juste. J'ai ŽcoutŽ votre jeu de CDs sur ​​l'intimitŽ o vous parler encore comment l'Žcoute finale des quatuors de Beethoven avait ŽtŽ votre entrŽe pour commencer ˆ vraiment vivre ce que nous sommes vraiment. Mais aussi, ce fut un processus pour vous durant une dŽcennie ou plus.

Et vous avez dit que vous Žtiez conscient de l'interfŽrence, des blocages ˆ l'intŽrieur de vous-mme ˆ compltement se joindre ˆ cette musique. C'est dans ce que vous aviez ˆ grandir, et en le dŽveloppant cÕest ce qui vous a permis dÕavoir plus tard le genre de relation que vous avez eue avec le Cours, Helen et Gloria.

Eh bien, je n'ai jamais analysŽ le blocage. Quand j'ai commencŽ ˆ Žcouter les derniers quatuors, j'Žtais encore au collge et j'ai dit que je nՎtais pas prt pour ceux-ci en ce moment. Mais j'ai continuŽ ˆ y revenir et je n'aurais pas dit cela ˆ l'Žpoque, mais, avec du recul, c'Žtait une faon de tracer mon propre progrs spirituel. Mais je ne l'ai jamais analysŽ. Je ne suis pas comme a. Je ne pense pas qu'il est trs utile de le faire. J'ai toujours su que le jour viendrait o je me sentirais totalement un avec cette musique. Et, je savais que quand cela se produirait, jÕy serais parvenu, il n'y avait rien d'autre au-delˆ. Et puis, cÕest arrivŽ.

Donc, vous en aviez le dŽsir, mais pas l'aspiration?

Oui, je ne cherchais pas. Je travaillais dans une clinique de santŽ mentale au bord de l'eau sur la rive sud de Long Island et c'Žtait ˆ dix minutes en voiture de la plage. Ë l'heure du midi, j'allais ˆ pied ˆ la plage avec la partition des quatuors, Žcoutant la musique dans ma tte. Elle Žtait toujours avec moi. C'Žtait plus important pour moi que toute autre chose, que mon mariage (ce qui pourrait expliquer pourquoi mon mariage s'est effondrŽ) et ma carrire. C'Žtait quelque chose qui n'est pas de ce monde et que je savais tre le plus important et je savais tout simplement que cՎtait pour arriver. En un sens, mon intŽrt dans le monde a diminuŽ et ceci a naturellement grandi et grandi et grandi.

C'Žtait comme si je savais en quelque sorte quÕil y avait un horaire que je ne faisais que le suivre. C'Žtait comme si j'attendais seulement l'heure, mais je savais que tout se rejoindrait un jour. Je ne savais pas sous quelle forme cela finirait, mais je savais o cela finirait. Ce n'Žtait pas du travail, mais j'Žtais au courant quÕil sÕagissait dÕun processus.

Vous savez, je ne suis pas un grand jungien, mais j'ai tout lu de Jung et je me souviens avoir lu son autobiographie, ses mŽmoires, rves, rŽflexions, qui, pour finir n'Žtaient pas si honntes, mais il a dit — et j'ai oubliŽ les mots exacts qu'il a utilisŽs – que nous vivons nos vies essentiellement ˆ deux niveaux. Et je pouvais m'identifier avec cela. J'Žtais conscient de vivre ma vie sur la voie extŽrieure o j'Žtais ˆ l'Žcole de premier cycle et puis d'Žtudes supŽrieures, ma vie professionnelle, ma vie personnelle. Et puis il y a eu la piste intŽrieure de Beethoven, ce processus de se joindre ˆ la musique de Beethoven. Et elles Žtaient (ˆ l'Žpoque) totalement indŽpendantes lÕune de lÕautre. Et je savais que ce n'Žtait pas bien, mais c'Žtait ainsi. Au fil du temps, la piste extŽrieure est devenue de moins en moins importante et la piste intŽrieure est devenue tout. J'ai toujours ŽtŽ bon ˆ fonctionner dans le monde, mais entendre cette musique pour finalement devenir un avec elle a toujours ŽtŽ la chose la plus importante.

Et c'est ce que nous essayons de faire dans nos relations les uns avec les autres lorsque nous essayons d'entendre cet appel ˆ se joindre ˆ cet amour?

Oui. Essayer d'entendre l'appel et y rŽpondre en lui faisant confiance. Et, vous savez, le genre de chose que je suis en train de dire, et en insistant de plus en plus ces jours-ci quand j'enseigne, c'est que ce doit tre la chose la plus importante dans votre vie. Et ce n'est pas pour le monde. Mais il faut que cela domine tout, mme en vivant votre vie normale avec le travail et la famille tout en prenant soin de votre corps – ou quoi que vous fassiez – ce doit tre la chose la plus importante. Quand je repense ˆ ma vie, mettre l'accent sur la musique de Beethoven Žtait la chose la plus importante.

Vous savez que jÕai ŽtudiŽ et lu ŽnormŽment de choses, beaucoup sur la psychologie, et vraiment, rien n'Žtait vrai. Un grand roman Žtait vrai, ou une grande Īuvre d'art, mais vraiment rien de ce que j'ai ŽtudiŽ Žtait vrai parce que rien ne se rapportait ˆ cela. Donc, en mme temps que je suis devenu trs bon en psychologie, apprenant ce que je devais savoir, le fait dÕapprendre ˆ devenir un avec cette musique a toujours ŽtŽ la chose la plus importante, car c'est tout. Et donc je demande aux Žtudiants du Cours : Į ne voulez-vous pas rentrer ˆ la maison? Č Parce que si vous le voulez, alors dans votre journŽe tout devrait tre orientŽ ˆ vouloir regarder diffŽremment. Vraiment vouloir reconna”tre mon ego, prendre cet amour de JŽsus ou du Saint-Esprit et l'apporter avec moi, peu importe ce que je fais.

Eh bien, jÕai l'impression que le Cours est la chose la plus importante pour moi et pourtant j'ai toujours cette douleur qui revient ; ce jugement, ce jugement de soi, cette rŽsistance.

Mais ce que vous faites Susan et qui est merveilleux, et pour lequel vous ne vous donnez pas assez de crŽdit, c'est que vous savez ce que vous faites. Vous savez quand vous rŽsistez, vous savez quand vous vous Žloignez de cet amour, et c'est parfait. Vous voyez, c'est ce dont je parlais ce matin, vous avez seulement besoin de rŽaliser ce que vous tes en train et faire et tre confiante qu'ˆ un moment donnŽ, la rŽsistance sera trop douloureuse.

Eh bien, l'une des questions que je voulais vous demander, porte sur ​​cette partie du Cours qui dŽclare Į Les Žpreuves ne sont que des leons que tu as manquŽ dÕapprendre et qui te sont prŽsentŽes ˆ nouveau, de sorte que lˆ o tu avais fait le mauvais choix auparavant, tu peux maintenant en faire un meilleur Č. Dernirement, lorsque les mmes leons sont revenues dans ma hiŽrarchie d'illusions du micro au macro, j'ai eu cette expŽrience de savoir que je ne peux pas continuer ˆ le refaire, je ne peux pas rŽpondre par le sentiment de victime, et puis le justifier comme je le faisais auparavant, c'est bien trop douloureux. Je ne l'ai plus en moi. Et ds que je l'ai vu, j'ai pu faire ce que je devais faire dans la forme, mais aucune rŽactivitŽ ne sÕy trouvait. Je pourrais prendre les Žtapes que les personnes normales prennent pour faire face aux choses, mais il n'y avait aucune mŽchancetŽ, aucun sens que quiconque Žtait coupable, et aucune douleur. Donc, c'est ce que fait au fil du temps la pratique au jour le jour du pardon. Il fait en sorte de dŽsactiver ce muscle de condamnation!

Oui. Et c'est une question dՐtre confiant qu'une issue heureuse est assurŽe et vraiment le savoir, et non seulement avec une sorte de sens abstrait que nous sommes tous vraiment ˆ la maison. Et puis, tre confiants que de le faire religieusement, avec un engagement rŽel, surtout quand cÕest rocailleux, lorsque l'ego devient vicieux, alors seulement savoir que tout cela fait partie du processus, et ne pas le craindre.

Et chaque fois, vous ne pouvez plus le prendre tout aussi sŽrieusement que la dernire fois parce que vous savez que ce ne peut vraiment lՐtre. Vous vous tes dŽjˆ rendue ˆ la paix de l'autre c™tŽ avant et mme si la douleur et la peur sont prŽsentes en ce moment, vous savez que vous allez vous en dŽplacer vers tout ce que vous voulez vraiment.

Juste.

J'ai une question autour de l'idŽe d'tre normale dont vous parlez tout le temps et avez beaucoup discutŽ cette semaine. Je comprends tout ˆ fait ce que vous voulez dire par lˆ, de faon ˆ faire quand mme les choses dans le monde et prendre soin de votre corps, de rencontrer les gens lˆ o ils sont, et ne pas confondre les niveaux. Mais, d'autre part, en vivant cela, les gens normaux n'ont pas l'habitude de dŽpenser quelques milliers de dollars ˆ survoler le pays et s'asseoir dans une salle durant une pŽriode de cinq heures par jour pendant une semaine pour se faire dire qu'ils n'existent pas vraiment. Et dans ma vie, sauf pour les amis du Cours que je me suis faits depuis que j'ai trouvŽ le Cours il y a neuf ans, mon mari, ma fille, mes amis, mes trs pieux parents catholiques et la parentŽ, ce n'est pas normal pour quiconque autour de moi. C'est comme l'ŽlŽphant dans la pice ; que je suis tombŽe au plus creux. Il y a un non-dit de ne rien demander, une politique ne pas dire.

CÕest compltement devenu ma prioritŽ majeure et, au fil du temps, le travail de ma vie. J'Žtudie,  j'Žcris et j'enseigne tout le temps et personne ne me demande jamais sur quoi je suis en train de travailler, y compris les personnes avec lesquelles je vis. Il y a donc le sentiment d'avoir un pied dans les deux mondes, en essayant d'tre gentille, et pourtant en quelque sorte me sentant, eh bien, certainement pas du tout normale par rapport aux normes du monde.

Eh bien, c'est vrai. Je veux dire, en vous prenant comme exemple, vous tes une personne normale, une conjointe, mre, fille, amie, vous tes trs bonne dans ce que vous faites, mais vous avez une vie secrte. Donc en ce sens, vous n'tes pas normale, mais vous nÕagissez pas d'une faon qui vous sŽpare des autres personnes. C'est ce que je veux dire quand je dis aux gens d'tre normaux. Vous savez, je me moque toujours des Žtudiants du Cours parce qu'avec un grand nombre d'entre eux, vous ne pouvez pas avoir une conversation normale. Vous ne pouvez pas utiliser le mot spŽcial en face d'eux, par exemple. Et, vous savez toutes les choses dr™les que les Žtudiants du Cours font et disent en ne se rendant pas compte qu'ils se sŽparent des autres personnes. Et alors, quand je dis normal, je veux dire ressembler ˆ tout le monde. Mais cela ne signifie pas que vous n'avez pas une vie secrte et que votre implication avec le Cours aux yeux du monde puisse sembler assez Žtrange.

J'Žtais tout ˆ fait normal ˆ bien des Žgards, quand j'Žtais ˆ l'Žcole d'Žtudes supŽrieures. Nous avions de petites classes et nous Žtions tous trs proches. Les gens me posaient des questions sur ma vie secrte que je partageais autant que possible, mais il Žtait Žvident qu'il y avait quelque chose de diffŽrent. Je ne promenais pas avec livres de psychologie, mais au lieu en lisant de grands romans. Je coupais les classes pour aller ˆ des concerts et des opŽras, mais ailleurs j'Žtais normal. Donc, vous avez une vie secrte, mais vous ne l'utilisez pas comme moyen de vous sŽparer des autres personnes. Vous tes fidle ˆ votre vie secrte, le vŽritable amour de votre vie, mais en mme temps vous tes fidle ˆ tous vos divers r™les et responsabilitŽs.

Et alors vous devriez seulement observer lorsque vous essayez de donner de la rŽalitŽ ˆ un sentiment qui les sŽpare de vous?

Bien sžr. Examinez tout dŽsir d'utiliser le Cours comme moyen de justifier la sŽparation avec d'autres personnes.

Dans le mme sens, j'ai des amis qui enseignent formellement le cours qui, de mon point de vue, semblent dŽvier. Faisant de rŽels dŽtours de la mŽtaphysique non-dualiste sous-jacente. Quand cela arrive et que je le regarde ˆ l'intŽrieur, il semble que la seule rŽponse est juste dՐtre gentille?

Oui, ˆ moins qu'ils vous le demandent. Et s'ils le font, vous ne vous en servez pas pour les frappez sur la tte.

Mais il est correct de dire que ce n'est vraiment pas ma comprŽhension. Pouvons-nous tre d'accord de ne pas nous entendre?

Oui, et c'est un moyen idŽal de le faire, et seulement de la faon dont vous l'avez dit.

J'ai parfois tendance ˆ penser quÕenseigner le Cours et qu'Žcrire ˆ son sujet est plus important que, par exemple, tre un membre du Congrs, un gangster ou un plombier, alors qu'en fait, ce que vous faites dans le monde n'a pas d'importance tant que vous l'utilisez pour apprendre ˆ exprimer l'amour au lieu de la peur. Mais je suis davantage consciente de la douleur quÕapporte tout autre choix pour la particularitŽ. Et jÕavance et recule, voulant m'assurer que j'honore mon dŽsir de partager ma passion pour la pratique du pardon en me jugeant comme arrogante de croire que j'ai quelque chose ˆ partager. Donc, c'est comme si l'ego semble mÕaccrocher sur la particularitŽ dans les deux directions. Avez-vous des conseils sur la faon d'aborder lÕenseignement et lՎcriture sur le Cours avec lÕesprit juste?

Ce qui vous garde honnte est de rŽaliser que, dans un sens, il est vrai que l'enseignement du Cours ainsi que faire partie de tout ce qui est son r™le dans le monde est important, mais cela ne rend pas ceux qui le font plus importants que les gens qui font n'importe quoi d'autre dans le monde. Ce n'est donc pas l'identification avec ce que vous faites, mais avec qui vous le faites, avec ce centre calme ˆ l'intŽrieur. Alors que ce n'est pas grave si vous enseignez le Cours ou non, la chose est de ne pas se laisser prendre au pige de juger que ceci est plus important que cela, ce qui est juste une autre faon d'essayer de combler le trou ˆ l'intŽrieur. Je ne peux pas me sentir importante ˆ moins d'enseigner le Cours. Ce qui change tout cela est de seulement demeurer concentrŽe sur cet amour ˆ l'intŽrieur. Vous tes alors identifiŽe seulement avec cet amour.

Lequel, honntement quand j'enseigne, est lÔendroit o je suis seulement focalisŽe.

Oui, mais alors l'ego intervient et dit que ceci est spŽcial.

Et cÕest dŽsagrŽable.

Donc, quand cela se produit, dites simplement, cela suffit!

OK. Voici une autre question ˆ propos de l'enseignement o je suis allŽe dans les deux sens avec des amis qui enseignent dans un va-et-vient et qui mÕen ont parlŽ. J'ai l'impression que votre enseignement a ŽtŽ la chose la plus utile pour moi dans le sens de pouvoir vraiment comprendre le Cours et le pratiquer, parce que si vous ne le comprenez pas, vous ne pouvez pas le pratiquer. Et vous avez les deux. Vous le personnifiez, et vous ne nous laissez pas nous en tirer avec ce que nous voulons en faire avec toutes les choses de ce monde. Mais cÕest parfois difficile parce que ma classe hebdomadaire est ouverte ˆ tout le monde et j'ai beaucoup de dŽbutants et il y a parfois des amateurs spirituels qui se montrent et je fais de mon mieux avec ce que nous sommes en train de travailler pour examiner la mŽtaphysique du mieux que je peux, en expliquant que Dieu n'a pas crŽŽ le monde et que tout se passe dans notre esprit. Mais je me demande parfois s'il y a quelque chose que je devrais faire pour leur rendre le tout plus facile. Et quand jÕapporte cette question ˆ lÕintŽrieur, la rŽponse que j'obtiens, cÕest non. Ce n'est pas ma responsabilitŽ de le rendre plus acceptable pour tout le monde. Ils le trouveront quand ils seront prts. Tout ce que je dois faire est de dire la vŽritŽ de la manire la plus aimante que je peux. Est-ce correct?

Oui.

Et jÕenseigne vraiment pour que je puisse apprendre ˆ suivre notre Ma”tre intŽrieur et apprendre le vrai pardon et la seule faon que je connais pour lÕapprendre vient ˆ partir de mon expŽrience, de l'intŽrieur ˆ lÕextŽrieur.

Oui. Et c'est toujours le meilleur enseignement.

Merci. J'ai vŽcu quelque chose avec mon mari rŽcemment o encore une fois j'ai semblŽ tre trs provoquŽe par quelque chose qui semblait se passer avec lui et j'ai ŽtŽ trs contrariŽ, mme si ˆ un certain niveau, il y a toujours ce sentiment que je lÕinvente. Et je me suis observŽe essayant de lui donner de la rŽalitŽ et mme de l'embellir. Et jՎtais consciente de le faire, mme tout en me sentant victime. Quoi qu'il en soit, il y avait un dŽcalage entre tout ce qui se passait dans mon esprit et le moment o je l'ai confrontŽ rŽellement ˆ ce sujet. Lorsque je l'ai finalement fait, il Žtait vraiment gentil. Il a ŽcoutŽ, ce que je n'ai pas l'impression qu'il avait l'habitude de faire. Je n'ai pas senti que je pouvais exprimer de la colre avec lui, car il serait devenu rŽactif, et donc je ne l'ai pas fait. Mais cette fois, il avait l'air vraiment bien-pensant et c'est ce qui m'a arrtŽ en quelque sorte. Et j'ai rŽalisŽ que j'Žtais insensŽe et qu'il Žtait celui qui Žtait sain d'esprit. Cela ne mՎtait jamais arrivŽ auparavant. Il utilisait mme un langage que jÕaurais utilisŽ, langage que vous utiliseriez en essayant de rencontrer quelqu'un o il se trouve. Alors, serait-ce le Saint-Esprit, notre esprit juste, Qui me reparle?

Oui. Je pense que ce qui est arrivŽ, cÕest votre Žtat sans dŽfense et votre conscience de ce que vous faisiez qui ont connectŽ avec lui. Et, puisque les esprits sont unis, il ne sÕest pas senti attaquŽ, il ne sentait pas la nŽcessitŽ d'tre sur la dŽfensive.

Mme si j'Žtais en colre?

Oui, mais vous saviez ˆ peu prs ce que vous faisiez, vous lÕavez dit. Il n'y avait pas le venin qui aurait pu tre lˆ comme dans le passŽ et ainsi, les esprits Žtaient reliŽs. Rappelez-vous, vous n'avez pas besoin d'tre libre dÕego, vous avez juste ˆ en tre consciente. Cela coupe tout droit ˆ travers.

J'ai une question ˆ propos de ma fille. Elle est dans sa deuxime annŽe ˆ l'UniversitŽ du Colorado ˆ seulement une heure de distance et ils ont un bloc de programmes o ils ont quelques jours de libres aprs chaque bloc. L'an dernier, elle et ses amis qui demeurent tous en-dehors de l'Žtat venaient beaucoup ˆ la maison, donc je n'ai pas vraiment eu l'impression de son dŽpart. Cette annŽe, ils ont tous des voitures et ils s'en vont lors de ​​leurs pauses bloc et je ressens ce sentiment de perte ˆ nouveau. Et je me regarde embarquer lˆ-dedans. Elle a toujours ŽtŽ un type dÕenfant vielle ‰me, quoi que cela signifie. J'ai toujours senti cette connexion vraiment profonde avec elle, mme au-delˆ de lÕhabituelle connexion mre-fille, et elle a ŽtŽ un grand rŽconfort pour moi. Je suis trs consciente qu'elle fait exactement ce qu'elle doit faire en ce moment pour se sŽparer de moi et je suis trs favorable ˆ cela, mais je ressens toujours la perte. Et je continue de fantasmer sur le fait quÕen sa prŽsence, je sentirai plus d'amour que lorsquÕelle sera partie.

C'est normal. Vous tes trs proche d'elle et elle a ŽtŽ une grande partie de votre vie, bien sžr, mais en mme temps, vous savez qu'elle doit quitter le nid. Donc, vous voulez tre honnte au sujet de vos besoins de particularitŽ avec lesquels elle remplit le vide en vous, mais vous ne voulez pas l'utiliser pour lui faire du mal. Il suffit donc dÕen prendre conscience et croire que l'amour ˆ lÕintŽrieur de vous va remplir ce trou. Et alors que c'est normal de la manquer, a ne fera pas mal. C'est la mme chose que je disais plus t™t, faites seulement confiance dans l'amour ˆ lÕintŽrieur de vous, restez ouverte ˆ la partie de vous qui veut se sentir abandonnŽe ou seule, sachez que ce n'est pas aimant pour vous ou votre fille, et ayez confiance que l'amour sera lˆ.

Et c'est lˆ que la relation intŽrieure devient tout. La seule chose dont je suis certaine que le Cours m'a donnŽ, au moins quand je suis sensŽe, c'est le sentiment que je ne suis jamais seule, et lorsque je me sens seule, je peux aller ˆ cette relation ˆ lÕintŽrieur.

Oui. Donc, si vous le personnifiez en ce qui concerne JŽsus ou si vous utilisez n'importe quel autre symbole, cet amour, ce calme majestueux ˆ l'intŽrieur, devient le centre de votre vie. Lˆ, vous n'tes jamais seule et vous sentez votre amour et vous sentez son amour qui vous aide ˆ faire face ˆ toutes choses extŽrieures.

Juste. Et c'est lˆ que la conversation intŽrieure intervient. Celle dans laquelle nous devons apporter ˆ JŽsus ou au St-Esprit  tout ce que nous croyons pouvoir nous blesser, ce qui nous a fait du mal?

C'est vrai.

Merci beaucoup, Ken.